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MBGC Editions - Monique Bellini

Extrait - Le disciple de Belzebuth

4 Juin 2017 , Rédigé par MBGC Editions Publié dans #Extraits des livres

Extrait - Le disciple de Belzebuth

 

Lors de la peste noire, qui devait emporter un tiers de la population du continent, les Juifs furent accusés d’avoir propagé l’épidémie pour décimer la civilisation chrétienne. Les esprits simples et d’autres, exécrables, accusèrent les Juifs d’empoisonner les puits, de pratiquer à des rituels et de profaner les hosties. Cela en arrangeait plus d’un ! Les Juifs exerçaient souvent les métiers de commerçants ou de financiers, on profitait alors de cette occasion pour se libérer de quelques dettes. Dans l’imagination populaire, le Juif est considéré comme un serviteur de Satan. Affublé de cornes, d’oreilles de porc, d’une barbe-de-bouc, d’une queue et de quatre sabots, il célèbre le sabbat des sorciers, il a des règles de vie différentes de celles des chrétiens et il dit des prières dans une langue inconnue. Dans toute l’Europe, les Juifs sont arrêtés, torturés, brûlés vifs, certains seront lynchés par la foule, leurs maisons sont pillées, les synagogues incendiées. Un médecin de Strasbourg de religion hébraïque et du nom de Balavignus avait au moment de la peste demandé aux habitants du quartier juif de brûler les ordures et de purifier les maisons. Le taux de décès devait baisser considérablement, mais le médecin fut arrêté et soumis aux plus monstrueuses tortures. Il devait confesser alors que le projet d’extermination avait été élaboré par des Juifs d’une ville du sud de la France, qu’ils avaient préparé un poison composé de cœurs de chrétiens, d’araignées, de grenouilles, de lézards, de chair humaine et d’hosties consacrées. Cela lui avait été dicté par les bons frères franciscains, cela avait suffi pour faire massacrer des milliers de Juifs et s’approprier de leurs richesses.

Il n’était pas nécessaire de pratiquer la science occulte pour prendre le chemin du bûcher, il suffisait d’un geste, d’un regard inquiétant pour être aussitôt soupçonné d’avoir commerce avec le diable, on envoyait le mécréant au bûcher, mais avec lui, sa femme et ses enfants, on attribuait à la sorcellerie les calamités et les drames, tout ce qui était incompréhensible et dont on ne cherchait pas la cause. C’était une époque où l’on croyait aux succubes diaboliques qui prenaient une forme humaine pour abuser de la femme endormie. Les procès, la torture et la mise à mort faisaient partie de la vie quotidienne, et chacun savait qu’il était impératif de prier et se rendre à l’Église afin de rester dans les bonnes grâces de l’Éternel et ne point se faire remarquer du redoutable Clergé.

 

 

 

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