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MBGC Editions - Monique Bellini

Un Corse meurt sur la paille, mais il ne tend jamais la main !

14 Juin 2016 , Rédigé par MBGC Editions Publié dans #Extraits des livres

C’en était trop, elle n’en pouvait plus !

La jeune fille se trouvait hantée par cette voix qu’elle avait fini par entendre, elle revoyait ce regard, ce beau visage. Il était beau, il était fier, il était prétentieux. Il ne tendait jamais la main...

La jeune châtelaine commença à languir. Elle ne parlait plus, elle ne mangeait plus, elle soupirait si fort et si souvent que ses braves parents commencèrent à s’inquiéter. Elle était leur fille unique et ils ne voulaient que son bonheur. Le père prit tout de suite des renseignements sur le garçon. Il devait apprendre qu’il était avocat, célibataire, et qu’aucun engagement ne le liait à une créature du sexe féminin.

Sans en connaître la raison, le jeune homme fut déplacé. De la cave voûtée, il se retrouva dans une chambre somptueuse avec des domestiques attachés à sa personne. Il ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait. Se doutait-il de quelque chose ?

Un soir, alors qu’il était en train de lire, la porte s’ouvrit, la jeune châtelaine était sur le seuil. Elle portait sous son bras le grand panier d’osier.

Orsoni posa le livre et la regarda venir vers lui. Il souriait à peine.

Elle se rapprocha, elle soupira.

— Daignerez-vous, Monsieur, accepter quelque chose ? Vous n’êtes plus désormais sur la paille et je ne pense pas qu’il y aurait grand déshonneur de me tendre la main...

Orsini ouvrit sa main, le panier tomba et la douce et fine menotte se posa dans celle du jeune homme. Il l’attira contre lui, longtemps ils se regardèrent.

— Êtes-vous toujours aussi prétentieux ? demanda-t-elle

— Toujours...

— Alors, il vous faudra m’épouser, car je suis entourée de gens qui sont timides devant moi. Cela m’agace profondément, cela dure depuis ma naissance. Tandis que vous, vous n’êtes point timide, mais quelque peu arrogant et cela me plaît... Me plaît à un point que vous ne pouvez imaginer...

Il rit et elle frémit en voyant ses dents superbes, blanches, régulières.

— M’aimez-vous ? demanda-t-elle

— Si j’ai eu un comportement aussi discourtois à votre égard, jolie demoiselle, c’est sans doute parce que, dès que je vous ai vue apparaître dans ce décor d’apocalypse, j’ai eu vraiment très peur de tomber amoureux, et si j’ai eu peur de tomber amoureux, c’est que déjà je vous aimais...

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