LES CHARMES DE LA MAISON HAUTE
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Était-il possible d’être aussi belle ? Les messieurs étaient fascinés. Ils se demandaient si cette créature était bien réelle, et si leur esprit n’était pas altéré par quelques potions magiques. Ils retenaient leur souffle. L’un était rouge-écarlate, l’autre d’une extrême pâleur. Le jeune Lord ne songeait même plus à consommer sa cigarette et regardait Blanche fixement. Lorsqu’elle eut terminé, il vint vers elle, tendit la main, et Blanche fut surprise de constater que la pièce se vidait peu à peu. La Préfète décréta :
— Notre ami a la passion de la danse. Blanche, voulez-vous valser avec lui ?
Le gramophone s’égosilla illico et sans une parole, l’inconnu la prit par la taille. Emportés dans un tourbillon de plaisir, ils continuèrent à valser dans la pénombre, puis dans le silence de la nuit. Blanche n’avait jamais croisé un homme possédant un tel charisme. Qui était-il pour que les hauts dignitaires s’éclipsent discrètement devant lui ? Blanche n’avait pas entendu le son de sa voix, mais elle ressentait la pression de sa main, sa joue qui effleurait la sienne. Ils valsaient lentement jusqu’à l’instant où il la contempla gravement et captura sa bouche. Il parla enfin. Sa voix était dotée d’un léger accent dont Blanche ignorait l’origine. Elle se croyait éprise de William, un rustre qui la violentait, et le hasard mettait sur sa route un prince qui l’appréciait.
— Les plus belles femmes du monde se prosternent devant moi, et je voudrais te demander à genoux d’abandonner ta patrie, pour ne plus me quitter.