L'AMOUR DE LA DUCHESSE.

EXTRAIT LE CHEVALIER ROZE
En ce 14 mai 1720, la princesse de Modène a été accueillie dans une cité écrasée de soleil, et par un peuple débordant d’allégresse. Elle n’a pas été surprise de la présence de la ravissante fille qui l’attendait ; la coutume voulant qu’il fût choisi la plus gracieuse adolescente de la ville, afin de porter un bouquet à la nouvelle venue. Toutefois, Marie n’était pas seulement belle, elle avait quelque chose de particulier qui retenait l’attention, suscitait l’émotion. Marie avait un charme qui émanait de sa personne et d’aucuns n’avaient pu définir s’ils étaient attirés par ses gestes, par sa bouche, ses yeux, ou la splendeur de sa chevelure.
Dans le somptueux hôtel de Noailles, la duchesse et Marie ont fini de dîner. Ce soir, des festivités sont prévues. Charlotte va recevoir le présent municipal, qui se compose de douze boîtes de confitures, six douzaines de bougies, six bouteilles d’eau d’angélique. La duchesse soupire :
— Je m’en serai aisément passé. Cependant, cela fait partie de la tradition, et je ne peux m’y soustraire. Je dois recevoir ces broutilles et remercier gracieusement.
Charlotte Aglaé est heureuse de la présence de Marie qu’elle voudrait attacher à ses pas.
— Accepteriez-vous de venir à Modène ?
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Le chevalier Roze: La peste de 1720
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