L'AMOUR DE LA DUCHESSE

Extrait : Le Chevalier Roze
. Charlotte était aux anges. Elle allait libérer le seigneur de l’encombrante veuve afin qu’il s’unisse à Marie. Elle était certaine d’avoir son amie pour elle seule.
— Tu épouseras Emiliano et le Grand Palais triste sera pour moi un écrin de bonheur… Nous allons être heureuses, Marie. Nous aurons des enfants et nous irons ensemble voyager à travers l’Italie. Veux-tu, ma douce, veux-tu ma mie ?
Marie était souvent confondue par la passion de la Duchesse. Lors de son passage dans Marseille, Marie n’avait pas osé la repousser. Elle avait aimé de Charlotte, les caresses, les baisers, les mots qui roucoulaient à son oreille. Le nectar lui montait à la tête. Le parfum l’enivrait. Elle avait tremblé au contact de ses mains, de ses lèvres, mais elle avait connu les étreintes d’un homme et elle ne pourrait plus rien changer. Charlotte chuchotait :
— Avant ta venue, je ne cessais de déambuler dans ce palais lugubre. Je m’y ennuyais à mourir. Louis de Richelieu m’a écrit. Il m’a dit qu’il ne cessait de penser à moi. Il m’a dit qu’il m’aimait et qu’il me reviendrait. Mais, en attendant, je dois me plier aux exigences du protocole et faire des enfants à François-Marie…