FRANCOIS COTY DURANT LA GUERRE DE 14.

Coty est à la fois révolté et torturé.
— Si je pouvais les sauver, tu sais que je n’hésiterais pas une seconde, je donnerais tout ce que je possède, ma vie, ma fortune, mais cela est impossible ! Nous ne pouvons pas nous battre contre la folie des hommes, nous pouvons seulement tenter d’améliorer le sort de ceux qui sont obligés de subir et qui luttent face à la mort. Joseph, j’avais besoin de toi, il fallait que tu m’aides ! Chaque jour, je fais parvenir des colis aux militaires ! Chaque jour, je me penche sur la condition de vie des femmes des poilus, et pas seulement sur celle des épouses de mes employés ! Je me donne à fond pour mettre en place l’hôpital où nos soldats blessés pourront être soignés ! Je travaille à l’association des mutilés de guerre afin que les malheureux puissent retrouver un peu d’autonomie, un peu de dignité ! Je me rends de moins en moins à mon laboratoire de Suresnes, je n’ai plus le temps d’aller courir les sous-bois afin de découvrir de nouvelles senteurs, de nouvelles fragrances. Joseph, je ne te demande pas de réaliser les besognes que je me suis imposé, mais d’être auprès de moi, d’être fort et heureux, d’élaborer de grands projets afin que je puisse me dire que, lorsque tu seras libéré de tes obligations militaires, je pourrai te forger un avenir qui sera à la hauteur de mes espérances, de mes ambitions !