L'HISTOIRE DU COEUR DE LOUIS XVII.
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Phillipe-Jean Pelletan a prodigué, après Desault et avec Chopart, des soins pleins d’humanité et de douceur à Louis XVII au Temple. Après la mort de ce dernier le , Desault étant mort depuis le précédent et Chopart le 9, Pelletan eut à rendre compte à la Convention de l’état viscéral du dauphin. Au cours de l'autopsie, il subtilise le cœur du jeune défunt à l'insu de ses collègues, les docteurs Jean-Baptiste Dumangin (1744-1826), Pierre Lassus (1741-1807) et Nicolas Dieudonné Jeanroy (1750-1816). Une fois rentré chez lui, Pelletan enferma le cœur du défunt dans un vase de cristal rempli d'esprit de vin, qu'il cacha dans sa bibliothèque, derrière ses livres. Il y resta pendant près de 10 ans. L'alcool évaporé lentement, le cœur desséché est ainsi conservé. Vers 1810, un élève de Pelletan, Jean-Henri Tillos, vole la relique. Quelques années plus tard, Tillos meurt de la tuberculose et exige sur son lit de mort que l'objet soit rendu à Pelletan. À la Première Restauration, Pelletan entré en contact avec la famille royale, veut lui restituer le cœur. Accusé de sympathie bonapartiste, il est repoussé, et ne parvient pas à être reçu par Louis XVIII. Le retour de Napoléon met un terme à ses démarches. Lors de la Seconde Restauration, Pelletan tente encore de donner le cœur à la famille royale, en vain. Des enquêtes sont engagées à son encontre, et Pelletan se défendit. La relique restera cependant cachée dans sa bibliothèque. Le , le médecin remet le cœur à l'archevêque de Paris, Hyacinthe-Louis de Quélen, qui s'engage à le remettre à Charles X. En 1829, Pelletan meurt, son fils Philippe Gabriel, également médecin, conserve la relique jusqu'à sa mort en 1879.