ROMANETTI ET LIVIA
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— Le médecin de Bocognano pense qu’elle est atteinte des fièvres typhoïdes. C’est contagieux. Ne vous en approchez pas. Il est inutile de prendre des risques…
Elle s’est effacée. Lentement, il est allé vers elle, s’est penché, a pris sa main.
— Mon amour… Je suis venue te chercher. Je ne veux pas que tu restes ici, je vais t’emmener, je te soignerai, je te guérirai…
Elle ébauche un faible sourire tandis qu’il questionne :
— Où as-tu mal ?
— À la tête, au ventre. Partout…
Les mains meurtrières se posent sur les tempes brûlantes.
— Je vais chasser ton mal parce que je t’aime, et si je ne parviens pas à l’ôter de ton corps, je le prendrai aussi et je partirai avec toi.
Il repousse le drap. Toujours avec une infinie douceur, il touche son ventre. Elle a fermé les yeux, incapable de soutenir le regard de cet homme. La voix de l’assassin lui apporte le bonheur :
— Je t’aime. Je t’aime, mon amour.
Longtemps, il a gardé sa main sur le ventre palpitant. Puis, un frisson l'a secoué. Il l’aime et la désire. Il voudrait la faire sienne à cette minute et il sait qu’elle ne se déroberait pas. Sa main a remonté sur sa poitrine, enveloppé le sein brûlant qu’il s’est mis à effleurer, à câliner... En un instant, elle a été dans ses bras, mais elle tente d’éviter ses baisers :
— Ne m’embrassez pas. Je ne veux pas que vous soyez malade à cause de moi.
Il sourit tandis qu’il immobilise son visage, tandis qu’il caresse ses lèvres avant de prendre sa bouche. Ce baiser est ardent et désespéré. Il témoigne d’une passion fulgurante, d’un désir toujours en éveil et encore inassouvi.
— Je t’aime, Livia… Je veux tout partager avec toi, l’amour et la souffrance, le bonheur et la maladie. Penses-tu que s’il t’arrivait malheur, je pourrais trouver la force de te survivre ? Non, si tu mourais, je te suivrais dans la tombe. Parce que tu es la seule créature au monde que j’aime et que je n’aimerai jamais…