LE MARIAGE DE BLANCHE D'ANJOU
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Extrait : Enfants de rois
Jacques est apparu vêtu d’un manteau écarlate qui le fait paraître encore plus grand, plus captivant. Il constate :
— Vous êtes très belle… Je puis avouer que vous êtes la plus ravissante créature que je n’ai jamais vue. Je suis heureux d’être votre époux, heureux d’en avoir fini avec cette guerre. Tout au long de ces années, mon nom a été maudit par votre famille et vous-même me détestiez. Ce mariage a été imposé par la volonté papale et vous souffrez sans doute de cette décision. Je vous jure que je ferai tout pour vous rendre heureuse.
Sa main a touché les cheveux de Blanche. Puis, il l’a attirée contre sa poitrine en chuchotant :
— Je voudrais que votre cœur ne saigne point pour quelque damoiseau. Avez-vous laissé un bel amoureux qui chantait votre beauté, le soir, sous vos fenêtres ?
Elle voudrait répondre, mais les lèvres du roi frôlent sa peau. Blanche a fermé les yeux et si elle tremble, ce n’est nullement de crainte, seulement de plaisir. Enfin, la bouche de Jacques a pris la sienne, d’abord avec grande douceur, puis avec plus de fougue. Il l’embrasse longtemps avant de la délivrer.
— Votre voyage a été long, cette journée harassante. Il vous faut prendre du repos. Mes sujets vous attendent et je vais éprouver bonheur et fierté de leur présenter leur souveraine. Mon peuple va vous aimer et nous aurons tout le temps de faire connaissance. Vous êtes ma princesse, d’ici peu vous serez ma reine et rien ni personne ne pourra jamais nous séparer.
Sans tarder, il a quitté la chambre.