NAÏCHE ET SON EPERVIER.

EXTRAIT LA MONTAGNE DU DIABLE
Mary se rendait compte qu’elle n’était plus dans son état normal. Elle tremblait, mais ce n’était pas de crainte. Elle souffrait et recherchait la souffrance qui lui apparaissait comme un véritable plaisir. Mary voyait l’Indien, le corps tendu vers le ciel, qui émettait des cris stridents pareils à une bête. Avec une extrême lenteur, les Indiens avaient quitté la place. Yuma l’entraînait au loin et le grand Naïche se retrouva seul, appelant le bel animal qui tournoyait au niveau des nuages, un aigle noir dont les ailes déployées étaient immenses. L’aigle continua à exécuter sa danse sinueuse, puis, comme s’il fonçait sur une proie, il piqua du bec sur Naïche qui le reçut contre lui avec un braillement de bonheur.
Mary était médusée. Elle ne réalisait pas ce qui venait de se produire. L’Indien magnifique était l’ami de l’animal. Il l’entourait de ses bras, posait son visage contre sa face. L’aigle battait des ailes, émettait des cris stridents. Cela dura longtemps, très longtemps, jusqu’à ce que l’Indien le repousse avec tendresse, et d’un signe de la main, lui commande de partir…