LA RENCONTRE DE BLANCHE D'ANJOU ET JACQUES D'ARAGON
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Extrait : Enfants de rois
La grande salle capitulaire est jonchée de fleurs, de bruyères, et de menthes odoriférantes. Pour la circonstance, les murs ont été tendus de soieries et de tapisseries précieuses. Seigneurs et belles dames venus de Provence et de Naples font la connaissance de leurs frères catalans, mais chacun est conscient de l’inquiétude du roi. Jacques II que l’on vient de surnommer Le Juste répond à peine aux délirantes exclamations du peuple. Il est pâle, crispé comme à la veille d’une bataille. Il va enfin rencontrer celle qui partagera désormais son existence et ce roi fort et fier, a peur tout à coup. Son trouble est tel que sa jeune sœur tente timidement de le rassurer :
— Sire, mon frère, elle est très belle…
Il se force à sourire tandis que les portes s’ouvrent et qu’un silence de mort règne soudain. Chargée d’un coussin écarlate sur lequel repose une couronne faite d’or, de perles et de pierreries, Yolande va vers cette foule chatoyante qui lui fait face et qui l’effraie. Elle ne cherche même pas à apercevoir Louis d’Anjou qui est là et qui sans doute la regarde. Jacques s’est arrêté.