25/04/1926. ASSASSINAT DE NUNZIU ROMANETTI

Extrait Livia Tome 3.
Ma chérie, je sais que ces lignes vont te faire beaucoup de mal, mais tu veux et tu dois savoir, car en définitive tu es la seule femme qu’il ait vraiment aimée. Voilà la version officielle de cet assassinat :
« Une embuscade fut préparée par le capitaine Rapide, assisté du brigadier Monce. Il est sept heures, Romanetti paraît. Il est à cheval, précédé de son chien. Soudain, le chien se met à aboyer. Le bandit prend aussitôt une attitude de défensive. Les gendarmes bien abrités par des rochers le somment de se rendre. Romanetti leur répond par des coups de fusil. Les gendarmes tirent à leur tour. Romanetti reçoit une balle au ventre, deux au bras. Son cheval se cabre, il tombe. Mais il a encore la force de tirer son revolver parabellum et d’arroser le sol de projectiles. Les gendarmes l’achèvent. »
Voilà ce qui se trouve dans le rapport de la gendarmerie, et maintenant tu vas savoir ce qu’il en est vraiment : Des coups de feu ont été entendus aux alentours de quatre heures du matin. Madeleine Mancini s’est trouvée inquiète, puis elle a compris qu’ils avaient tué son compagnon en voyant revenir le cheval blessé. Les amis et les voisins accourus à la hâte ont pu constater que Nunziu avait reçu une charge de chevrotines en pleine poitrine. Or, les gendarmes n’usent pas de chevrotines, l’usage d’armes de chasse leur étant formellement interdit. Romanetti a été abattu par de sinistres voleurs, on savait que le hors-la-loi commençait à payer les bergers le 25 de chaque mois ; on savait que les après-Pâques étaient les périodes qui rapportaient des sommes considérables. Nunziu a bien été abattu pour le produit de ses négoces, car il n’a été retrouvé que cinq francs dans son portefeuille, alors qu’il avait toujours sur lui des liasses de billets de banque.