MARIE DE BELMOND.

EXTRAIT : LE CHEVALIER ROZE.
Charles était désespéré, au bord des larmes.
— Il m’importe peu que mon épouse soit gratifiée de quelques écus, j’ai toujours eu l’intention de travailler, et je pourrai lui apporter une destinée faite d’amour et de sollicitude. Marie est la femme qui me convient et que je désire garder auprès de moi. C’est elle que je veux épouser, c’est d’elle que je veux des enfants. Venez-moi en aide, ne m’affligez pas de cette créature laide et malveillante, qui formulera toujours des paroles acerbes et que je ne pourrais jamais souffrir à mes côtés.
— Je comprends parfaitement et je savais que votre cœur battrait un jour pour notre petite Marie. Cependant, nous ne pouvons revenir sur nos traditions, et il m’est impossible de demander à mon beau-frère la main de sa cadette alors que l’aînée vous est destinée.
Charles était amoureux. Tenaillé entre le bonheur fulgurant et la plus profonde détresse, il guettait chaque soupir de sa belle, s’extasiait devant elle et n’hésitait pas à aller sur la plage afin de l’admirer lorsqu’elle sortait de l’eau. Chacun s’était rendu compte de l’amour qu’il lui portait et, si cette passion agaçait fort Élisabeth, elle savait que Charles serait contraint de la prendre pour femme. Marie, quant à elle, affichait la plus parfaite indifférence, elle répondait à peine aux questions qui lui étaient posées et évitait le regard de son trop beau cousin.
Un soir, alors qu’elle s’était attardée sur la terrasse, il avait osé aller vers elle et lui dire tout bas :