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MBGC Editions - Monique Bellini

Extrait - Livia tome 2

23 Juillet 2017 , Rédigé par MBGC Editions Publié dans #Extraits des livres

Tragédie de LAVA

— Je le sais parfaitement, ne vous tourmentez pas…

— Je veux te dire la vérité ! On a frappé à la porte et Françoise est allée ouvrir. J’étais debout derrière elle avec mon fusil. Un gendarme m’a vu et a tiré, j’ai tiré aussi. Françoise a été foudroyée, le gendarme est tombé raide mort. Je suis parti à moitié nu, sans souliers, j’étais blessé, j’ai réussi à me traîner jusqu’à la maison de Marc-Aurèle Mancini, qui est allé à Appietto pour chercher le docteur Ciambelli…

— Essayez d’oublier, vous vous faites du mal en ressassant cette lamentable histoire… Je vous en prie.

— Lorsque j’ai su que tu étais rentrée en Corse, j’ai décidé de te prendre, de t’enlever à Guiseppe. Par deux fois, tu m’avais demandé de te garder, je n’avais pas osé, et durant cet éloignement, je me suis méprisé et je me suis maudit. Je t’aime, Livia, mais que pourrais-je t’offrir ? Des robes et des bijoux, une belle maison, cependant après ce qui vient de se produire, je ne pourrai plus jamais dormir sous un toit, je devrai me cacher chaque nuit, soit dans une grotte, soit dans le maquis…

— Je vous en supplie, calmez-vous…

— Pourquoi me poursuivre comme ils le font ? Je ne fais de mal à personne, je rétablis la justice, je protège les pauvres gens. Livia, je t’aime, mais si j’avais décidé de t’enlever et t’emmener dans le Maquis Vert, je dois te laisser à Armani, je dois vivre avec mon amour pour toi qui est un véritable poison… Embrasse-moi une dernière fois, embrasse-moi et va-t’en sans te retourner et pour ne jamais revenir…

Il la chasse, mais la retient, elle voudrait s’éloigner et n’en a pas le courage. À cette minute, elle a oublié Joseph et sa belle existence, elle a oublié ses serments et les instants passés dans les bras de son époux. À cette minute, Romanetti songe à ce passé qui l’accable, s’il pouvait revenir en arrière et raccommoder tout ce qu’il a détruit, il le ferait sans la moindre hésitation. Elle a de nouveau éclaté en sanglots tandis qu’il la garde contre son épaule. Il chuchote :

— Mon amour, c’est la première fois que je ressens en moi autant de chagrin, c’est la première fois que je regrette de ne pas être un pauvre berger sans passé et sans avenir, cependant si je n’étais qu’un simple berger, t’aurais-je maintenant dans mes bras ? Livia, il ne faut plus que tu penses à moi, il ne faut plus m’aimer, il ne faut plus m’espérer. Sais-tu que je vais écoper d’une troisième condamnation à mort ? Penses-tu que s’ils me prennent, ils me couperont en trois morceaux ?

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