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MBGC Editions - Monique Bellini

Extrait - Le disciple de Belzébuth

25 Mai 2017 , Rédigé par MBGC Editions Publié dans #Extraits des livres

Extrait - Le disciple de Belzébuth   

 

Assis paisiblement à leur place, les amants ne s’adressent pas un regard et ne prononcent aucune parole. Ils s’ignorent avec le plus parfait dédain. Soudain, la jeune fille quitte son siège et va ouvrir une boîte pour en retirer une pièce d’étoffe finement ouvragée. Elle pose le dé sur son majeur, retourne à sa place et se met à broder. Les minutes passent, durant lesquelles Loys la contemple, et tout à coup, il se dresse, va vers elle et s’empare du gentil chef-d’œuvre qu’il jette sur le sol. Magdeleine n’a pas le temps de lever les yeux, déjà il la saisit et la secoue avec rudesse.

— Traîtresse ! Gourgandine ! Moi qui avais de toi une confiance aveugle, n’as-tu pas honte de ton comportement ?

Elle le contemple et la limpidité de ses yeux fomente sa rage. Il hurle :

— Tu savais pourtant que j’allais venir ! Eh bien, dis quelque chose ! Dis que tu ne m’aimes pas, que tu ne m’as jamais aimé, que je suis trop vieux, trop bête !

Il presse ses bras avec une telle violence qu’elle se retient de crier, mais elle ne tente pas de le repousser et murmure presque avec insolence :

— Je savais que vous alliez venir, je vous attendais. Je voulais vous réserver les mêmes égards que j’ai reçus de votre part ! J’ai tenté de vous faire souffrir comme j’ai enduré la manière dont vous vous comportiez avec ces ribaudes ! Vous leur adressiez des sourires, vous baisiez délicatement leur main, vous les caressiez du regard, c’était parfaitement ignoble ! J’aurais voulu hurler de douleur, mourir de chagrin !

Sa voix vient de se briser. D’un brusque mouvement, elle a rejeté les mains de Loys et elle est partie en courant. Elle est malheureuse et doit cacher sa peine, elle ne veut en aucun cas pleurer devant Gaufridy et éviter d’être surprise par un domestique. Magdeleine a trouvé refuge dans une chambre d’amis où elle laisse éclater son chagrin. Elle pleure à fendre l’âme quand, prise de panique, elle s’accroche à la couette, cache désespérément son visage et tourne obstinément le dos au prêtre qui vient d’entrer.

— Magdeleine, mon amour…

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