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MBGC Editions - Monique Bellini

IX° Rencontre internationale du jeune cinéma de Toulon

7 Mars 2016 , Rédigé par MBGC Editions Publié dans #bonus

IX° Rencontre internationale du jeune cinéma de Toulon

Je m’attendais à croiser des starlettes à demi nues, de gros producteurs avec de gros cigares, arborant de volumineux carnets de chèques devant la gent féminine ou… masculine ! Pourquoi pas ? Enfin, devant ce que l’on appelle : la jeunesse !

Mais je n’ai rien vu de tout ça, sinon quelques filles insignifiantes, quelques garçons barbus, mais trop clean et trop polis pour les appeler des beatnik.

Je suis déçue ! Le jeune Festival de Toulon n’est pas encore suffisamment connu. Pourtant, ne sommes-nous pas là pour le faire connaître ?

Chaleureux accueil et parfaite organisation que nous devons à Madame Mathieu Résuge qui par son dévouement et sa gentillesse vient facilement à bout d’une tâche aussi ardue. Malgré tout, il y a peu de conférences de presse, pas de réunions permettant de nous retrouver entre journalistes, pas de rencontre avec les réalisateurs venus présenter leur chef-d’œuvre.

C’est par un heureux hasard que je fais la connaissance d’un jeune homme sympathique et barbu se nommant Peter Rubin, qui est à l’heure actuelle, le maître du cinéma structuraliste. Composition in black and white, est une intrigue quelque peu mystique, traitant d’une manière bien personnelle l’histoire d’une jeune fille qui veut retrouver son père. Après cinq années de recherche inutile, elle rencontre un homme aveugle, qui est son père, qui vit seul et qui lui apprend à écouter les sons de la vie. Ce film à la fois moderne et classique qui, bien que très objectif n’en demeure pas moins profondément subjectif.

Aux États-Unis, Peter Rubin reçoit de très nombreuses propositions pour la réalisation de différents scénarios, toutefois, trop jeune pour désirer fortement créer un film commercial, il façonne les récits qu’il porte en lui et certes, qui l’attirent.

Le meilleur film présenté est Le Village des Vierges (El rincon de las virgines.) Ce film mexicain d’Alberto Isaac, est pour moi un chef-d’œuvre de grandeur. Les couleurs sont splendides et la forte personnalité des interprètes se trouve exacerbée par la main qui les dirige. Les images riches achèvent de construire l’état d’âme d’un groupe de femmes du village de Comala venues demander à Lucas Lucatero de les accompagner, afin d’obtenir la canonisation d’Anacleto Morones. Lucas refuse et, pour les distraire, raconte certains évènements de la vie de Morones, tout en gardant des détails trop personnels. À la fois drôle et tragique, superbe et misérable, le village des Vierges est un excellent film, le meilleur que je n’ai vu depuis très longtemps. Il sera bientôt porté sur les écrans, et il aura, c’est certain, le succès qu’il mérite.

Le Palais d’Amour. Titre somptueux pour nommer un bordel !

Le palais d’amour est l’une des plus célèbres usines à plaisir de Hambourg. Maison close de 350 chambres, elle a reçu la visite de Solange Michoulier qui a interviewé les occupantes de ce logis. Film intéressant, à voir, bien que titre soit parfaitement déplacé !

Comme les jours qui se suivent sans se ressembler, les films font de même. On se délecte des bons, on digère mal les mauvais.

Bien que réalisé par le français Roger Cordier, Injun Fender est un film dont je me serais bien passé ! C’est l’histoire des dernières trente heures d’un Indien devenu vedette de rock, mais surtout assassin par amour. Le début est obscur, ensuite, nous commençons à comprendre que nous baignons dans un monde dépravé et sanguinaire. On voit un milliardaire généreux, une jolie blonde embrasser une trop quelconque négresse. Les scènes passent trop souvent de l’insoutenable au ridicule. Ce film ne peut donc pas être pris au sérieux. Il peut plaire, mais pas à moi !

Cette Nuit ou jamais (Heute nacht oder nie) est un film suisse de Daniel Schmidt. Le 16 mai, pour fêter la Saint-Jean de Népomucène, l’aristocratie de Bohème prend la place des domestiques. Un peu moins troublant, ce film aurait pu passer dans une catégorie supérieure. Les femmes sont belles, les costumes princiers. Cela aurait une grande valeur si le spectateur pouvait comprendre quelque chose ! On est surpris, mais aussi fasciné par cet univers morbide où se meuvent des personnages aux paupières peintes de vert et d’or, qui s’amusent à se faire souffrir, où simplement à ne rien faire du tout ! Nous nous trouvons simplement enfermés dans un enfer dont nous ne voulons ni ne pouvons nous délivrer.

En hommage aux comédiens, la sympathique Stéphane Audran nous a présentés : En suivant la Flotte, avec Ginger Rogers et Fred Astaire.

Félicitons le bon goût de cette talentueuse comédienne.

Dans un français rocailleux, Alberto Issac devait me confier qu’après avoir été professeur, journaliste et caricaturiste, il fut nageur olympique, ce qui lui valut le surnom de : La Flèche de Colima, et qu’il avait défendu les couleurs du Mexique aux Jeux de Londres et ceux d’Helsinki. Pourtant, cela ne lui suffisait pas, et tout en conservant ses activités de rédacteur en chef et dessinateur, il devait s’exercer à la céramique. Dans les années soixante, il fera ses premiers pas vers le cinéma et ouvrira les portes de l’industrie du Cinéma mexicain. Il deviendra à la fois réalisateur, scénariste, producteur et acteur. Les récompenses et les nominations seront nombreuses. Alberto nous a quitté en 1998, mais nous pensons à lui…

Il est des êtres que l’on rencontre un instant et que l’on n’oublie jamais…

IX° Rencontre internationale du jeune cinéma de Toulon
IX° Rencontre internationale du jeune cinéma de Toulon

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