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MBGC Editions - Monique Bellini

Extrait de Solenn Tome 1

10 Août 2017 , Rédigé par MBGC Editions Publié dans #Extraits des livres

Le repas se déroule agréablement. Lisbeth et Solenn jacassent comme des pies. Solenn parle des noces bretonnes, qui accueillaient parfois plusieurs villages et qui comptaient des milliers d’invités.

— Il était d’usage de creuser des fossés parallèles où les convives s’installaient. Souvent, les hommes et les femmes étaient séparés. On y dégustait différents plats et la noce durait généralement trois jours entiers.

— C’est ainsi que tu envisages ton union ? demande Lisbeth.

— J’ai passé le plus clair de mon temps chez ma grand-mère à Quimper. Dans les villes, les vieilles traditions se perdent. Mais grand-mère a connu cette époque. Elle a été demandée en mariage avec l’aide de la cuiller.

Devant la mine déconfite des jeunes gens, elle se met à rire.

— Lorsqu’un garçon était amoureux, il faisait sculpter une cuiller de bois qui devait refléter ses goûts, sa richesse. Il la tendait à l’élue de son cœur, et si elle la prenait elle devenait sa promise. Ils se retrouvaient fiancés.

— J’ai manqué à tous mes devoirs, dit Bruno avec lassitude.

— Qu’en faisaient-ils ensuite ?

— Elles étaient pendues dans la maison, on ne s’en séparait jamais. Grand-mère possède une fort belle collection. Il y a celles qui viennent de sa famille, certaines qui ont été achetées.

— C’est vraiment adorable, murmure Élisabeth.

— La coutume la plus touchante et la plus pittoresque est la soupe des mariés. Dès qu’ils gagnaient leur maison au soir de leurs noces, les mariés, une fois couchés, devaient boire la soupe au lait qui était présentée dans un seul bol, rempli de morceaux de pain attachés les uns aux autres. Cela symbolisait les difficultés de la vie que devait affronter le nouveau ménage.

Bruno fait triste mine et tend la main à Solenn.

— Je vais me mettre en quête d’une cuiller. Ensuite, s’il faut creuser les sillons, commander les binious et manger dans le lit les détestables laitages, par amour pour toi, chérie, je ne manquerai pas de m’y soumettre et je trouverai cela follement exaltant.

Elle est venue s’asseoir sur ses genoux. Ils se sont mis à s’embrasser.

— Il faut que j’examine les papiers récupérés à Perpignan. Ce ne sera pas long. Je viens très vite te rejoindre.

Elle a souri avant de prendre l’escalier en compagnie de Lisbeth.

 

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Extrait de Solenn Tome 1

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