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MBGC Editions - Monique Bellini

La Haute Provence

15 Juillet 2015 , Rédigé par MBGC Editions Publié dans #bonus

Je n’ai de la Haute Provence que de vagues souvenirs qui se confondent entre le château des Templiers de Gréoux et les falaises abruptes au fond desquelles coule une eau un peu glauque : Le Verdon.

Digne. Un soleil radieux m’accueille dans la capitale des Basses-Alpes et j’entreprends de visiter la ville. Elle est charmante, paisible, la grande fontaine des thermes me fait songer à un temple romain, je me rends à la célèbre Notre Dame du Bourg, basilique romane dont certaines parties, notamment les tours sont de l’époque carolingienne, elle possède en outre des fresques rares et étranges, ainsi qu’un autel mérovingien. Le musée m’ouvre ses portes. Je découvre de précieuses peintures de l’école flamande et italienne et une fort curieuse collection d’ornithologie provençale. Les premiers samedi et dimanche d’août, Digne fête sa fameuse lavande (Corso de la Lavande), il est également établi un grand commerce local de miel, fruits secs et confis, amandes princesses, pourtant la spécialité la plus originale est la grande variété artistique en bijoux de fossiles de la région, notamment de pentacrinite, plus communément appelée étoile des Alpes ou de Saint-Vincent. Très agréable parcours que je pourrais poursuivre durant des heures sans en éprouver la moindre lassitude, néanmoins, je dois me rendre à l’hôtel du Grand Paris, afin de participer à un dîner débat en présence des plus éminentes personnalités de la région.

Le préfet Jean-Marie Arbelot préside cette rencontre et nous entretient des problèmes de l’environnement, des communications et de la création d’équipements, et tandis que cet être jeune et dynamique poursuit son exposé, je comprends la raison pour laquelle l’évolution des Alpes de Haute-Provence est sans cesse croissante. Digne peut-être digne du nom qu’elle porte et fière de ses dirigeants.

Le lendemain, nous partons pour Gréoux les Bains. Les champs de lavandes, les pommiers et les amandiers défilent sous nos yeux et nous avons aussi la chance de croiser quelques chênes truffiers. Le paysage est magnifique, autour de nous, tout est vert, tandis que dans le lointain, les montagnes sont chapeautées de neige. D’anciens villages abandonnés, dorés sous le soleil, semblent accrochés aux collines. Totalement sevrés de vie, ces villages existent en grand nombre dans cette région. Nous traversons la plus antique cité des Alpes de Haute-Provence, Riez la Romaine, mais nous ne pouvons découvrir ce riche passé, ses vestiges de différentes époques, gallo-romaine, médiévale, renaissance, pour ne contempler que quelques demeures aux majestueuses portes en noyer sculpté et aux heurtoirs en bronze. Je suis enchantée d’apercevoir les célèbres colonnes de Riez, dernier vestige d’un temple romain.

Gréoux les bains. Charmante cité dominée par les ruines d’un vaste château d’origine médiévale ( le château des Templiers,) Gréoux est célèbre pour son eau depuis les temps les plus reculés, en effet, les Celtes et les Gaulois avant les Romains et les Grecs, exploitaient les prestigieux gisements sulfurés. Les Thermes Troglodytes sont pour moi un chef-d’œuvre d’architecture. Fidèlement reconstruit en leur emplacement Celte-Gallo-Romain et sous les directives de Monsieur Barthélémy, l’établissement a conservé un caractère antique, avec ses terrasses intérieures et ses voûtes soutenues par une multitude de colonnes de pierre de Rogne. Parcimonieusement éclairées et parfumées d’iode et de brome, les galeries dénombrent de nombreuses unités de soins de toutes catégories, ainsi que trois piscines de grande dimension. Cependant, ma préférence va vers les bains et la piscine d’origine celte, enfouis dans le sable et mis à jour par Monsieur Barthélémy lui-même.

Ce n’est pas sans une certaine nostalgie que je quitte le plus ancien Therme d’Europe, il m’a enchantée, et sans aller jusqu’à souhaiter quelques arthrite ou laryngite, j’espère bien y revenir.

Le Verdon. On dit que le grand canyon du Verdon est la seule approximation européenne du célèbre canyon du Colorado. C’est peut-être vrai ! Je ne connais pas le Colorado, mais je découvre un Verdon beaucoup plus agréable qu’il y a quelques années. Peu après Gréoux, la gigantesque retenue d’Esparron a la prodigieuse superficie de 350 ha sur 12 kilomètres de long. Ce lac artificiel est une véritable splendeur et si beaucoup de mes confrères ont intitulés leurs articles : Le massacre du Verdon, je pense que pour la première fois, je ne suis pas de leur avis.

Il y a trois ans, le village d’Esparron ne comptait plus que quatre-vingts habitants, désormais un nouveau village va être construit, ainsi que six hameaux, un terrain de camping, des haras. Doté d’une plage et d’un port, le Club nautique d’Esparron a bien l’intention d’attirer de nombreux touristes. Il est vrai qu’une réputation se modèle très vite et les curieux qui viendront faire un tour sur les rives du Verdon, ne pourrons qu’y séjourner le temps de leurs vacances. Dans l’immédiat, il ne manque que Bébel et la bande à Bardot, et pour ma part, je préfère bronzer au bord de cette eau aux reflets de jade, que me risquer sur la Côte d’Azur, étouffante et surpeuplée.

Viennent ensuite les visites du futur barrage de Quinson Montpezat (200 ha), puis celui de Sainte-Croix qui aura la superficie du lac d’Annecy et qui sera effectivement le plus vaste (2000 ha). Pour la réalisation de cette immense retenue, le vieux village de Salles sera immergé et reconstruit un peu plus haut, quant au village de Sainte-Croix, soudainement métamorphosé, il dominera le plan d’eau et pourra pour la première fois se mirer à loisir.

Barcelonnette. En 1231, le comte de Provence Raymond Bérenger IV, père des futures et illustres quatre reines, fonde sur l’emplacement d’un ancien village, une ville qu’il nomme Barcelonne pour rappeler les origines de sa famille. Avec Jausiers, cette ville est célèbre par leurs intrépides enfants qui partirent au Mexique à la rencontre de la fortune. Les trois frères Arnaud dont l’industrie périclitait s’armèrent de courage et quittèrent leurs neiges natales pour l’Amérique du Sud. Après eux, ou pour mieux dire grâce à eux, des cousins suivirent : les Gassier et les Reynaud. Le ministre Paul Raynaud racontait volontiers que son oncle, Aimé Gassier était allé à pied de Vera-Cruz à Mexico, en chassant et, les bagages juchés sur une charrette. Ainsi, à Jausiers et sur la place de la Libération à Barcelonnette, nous pouvons admirer les villas possédant un caractère typiquement sud-Américain avec leurs façades tarabiscotées.

Sans trop d’empressement, je prends place dans le petit avion de tourisme pour la visite aérienne du site d’aménagement de la vallée de l’Ubaye. Les forêts deviennent des rectangles verts, les routes des serpents incolores, seules les montagnes ont de l’importance avec leurs crevasses maculées de neige, leurs pics venant jusqu’à nous et leurs pieds s’enfonçant très loin dans le vallon. Nous survolons Barcelonnette puis Jausiers qui supportera à elle seule une urbanisation maximale de 25.000 lits. Pra-loup, la station dynamique et boisée est en pleine évolution, puisqu’en quatre ans, sa capacité est passée de 700 à 6.500 lits. Cette année, sept nouvelles remontées seront mises en service et une liaison sera opérée avec la station de Foux d’Allos. Les usagers de Pra-Loup pourront parcourir 100 kilomètres de piste. Sans doute la plus ancienne et la plus connue, le Sauze améliore chaque année ses installations. (4.000 lits) et offre 45 kilomètres de pistes balisées et damées par engins mécaniques. Saint-Anne la Condamine située à vingt kilomètres en amont de Barcelonnette est le cœur des Alpes du Sud. Jouissant déjà d’une grande popularité, Saint-Anne compte à son effectif neuf de ski accessible à tous et elle supportera deux à trois mille lits.

Liée à dix-huit communes, Barcelonnette est en pleine expansion sur le plan de l’équipement rationnel de la vallée. Sous peu, nous pourrons découvrir 8.000 hectares de domaine skiable et l’apparition de nouvelles formules d’accueil : gîtes ruraux et familiaux, clubs, hôtels, etc… En attendant, je dois, non sans regret, regagner Marseille. J’ai effectué une belle randonnée et c’est très sincèrement que je remercie ces messieurs des Préfectures, mairies, chambre de commerce, ainsi que mes confrères journalistes qui ont, par leur sympathie et leur bonne humeur, charmé les trop courtes journées passées en leur compagnie.

La Haute Provence
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