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MBGC Editions - Monique Bellini

Eoures et la crèche à la lumière noire

25 Février 2015 , Rédigé par MBGC Editions Publié dans #bonus

Les origines du mot Eoures sont très controversées.

D’après les uns, Eoures viendrait de Quidé signifiant « tas de pierres », disposé pour retenir les eaux. D’après d’autres, Eoures tirerait son nom de Eure-Uourre, signifiant chêne vert, cependant, chêne vert aurait aussi été appelé Eusièro.

L’étymologie la plus acceptable pourrait être la suivante : autrefois, les collines d’Eoures se trouvaient entièrement recouvertes de lierre, soit : Uourre, Eouré, Eoures. De plus, un écrit concernant le clocher actuel cite la Vierge : « les mains jointes, le regard levé vers le ciel, Notre Dame du Lierre, prie pour nous… »

Si le village d’Eoures se distingue par ses sous-bois, sa pittoresque campagne, il n’en est pas moins resté fidèle aux anciennes traditions, aux délicates nuances. Il est doté d’une église émouvante et fanée, imprégnée de nostalgie et de la douceur délicate des charmes du passé. Un passé bien plus lointain que l’on pourrait songer, puisque la sacristie a conservé les restes de l’édifice primitif. Passé plus récent, avec son église actuelle qui possède encore ses statues, ses cristaux, ses peintures murales.

Si l’église d’Eoures s’est toujours distinguée par de remarquables crèches, c’est après la Libération que fut instauré par l’abbé Muttini, le Crèche à la Lumière Noire.

Une souscription devait être lancée pour l’achat des santons, et chaque famille se fit un honneur et un devoir d’en réaliser le sien.

L’abbé Muttini avait pour devise : « A chaque année, son chantier ! »

Après le campanile électrique, ce fut le tour du chauffage central. Les kermesses étaient nombreuses, elles permettaient de contribuer aux transformations de l’église.

Grâce à son talent de musicien, le prêtre offrait de splendides offices, la troupe artistique organisait des tournées. Cependant, en 1959, après le départ de cet abbé fort dynamique, la fameuse Crèche noire allait être perdue.

Une nouvelle crèche fut mise en place. Elle était au départ de bien moindre valeur, pourtant, en 1975, elle allait prendre un nouvel essor, une plus grande importance. Un moulin devait y être construit, puis d’autres maquettes prirent place, représentant avec exactitude les habitations d’Eoures et de ses environs.

Un travail de titan s’imposait pour ce chef-d’œuvre. Les constructions furent réalisées à partir des éclats de pierre de Cassis, les toitures recouvertes de véritables tuiles en argile d’Aubagne. Une toiture compte environ trois cents à quatre cents tuiles, il faut environ une heure de travail pour la fabrication de quinze tuiles de ce genre…

Admirée chaque année par des centaines de visiteurs, la Crèche d’Eoures s’abrite dans un havre de paix et de sérénité.

Remarquable témoignage du passé, cette divine demeure est, je pense, l’incontestable point de jonction entre la terre et les portes du Paradis.

Eoures et la crèche à la lumière noire

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Nom 02/03/2015 10:32

L'abbé Muttini (il avait également un frère qui était prêtre dit-on) a été ensuite nommé à Saint-Cannat en 1959, grande église de la rue de la République, et il y continuait les crèches à la lumière noire. C'était un corse d'origine, très "rigoriste" et il est resté fidèle à la soutane et à la Messe de toujours, c'est à dire la Messe tridentine, face à Dieu, en latin et grégorien, il n'a jamais célébré la messe en français: j'ai assisté à sa messe jubilaire, 50 ans de sacerdoce, dans les années 75 à l'église St Lazare de Marseille. Quelle joie de voir à cette occasion ressortir des placards les ornements romains précieux, chorale,enfants de choeur en soutanelle rouge, nombreux prêtres en soutane, surplis et barrettes, pas de "concélébration", seul l'abbé officiait avec diacre et sous-diacre dans une église bondée...depuis la messe tridentine est de nouveau présente avec la FSSPX à l'église St Pie X, rue du Tapis-Vert, mais aussi dans d'autres églises depuis le Motu Proprio de Benoit XVI, mais à l'époque , c'était une véritable résurrection et il fallait du courage à ce vieux prêtre pour affirmer ainsi ses convictions.
L'abbé Muttini a continué et persévéré jusqu'à la fin de ses jours, ainsi dans les années 80 chez son ami l'abbé Modeste Bertoni, au manoir Ste Catherine de Sisco près de Bastia, où ils continuaient ensemble les célébrations d'avant le Concile. Détail émouvant, les chantres de cette chapelle n'étaient autre que Ghjuliu Bernardini et ses deux jeunes fils alors âgés d'une quinzaine d'années, Jean-françois et Alain, deux jeunes gens qui ont depuis fait leur chemin et formé un groupe de chant très connu, c'est à dire "I MUVRINI" !!!!