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MBGC Editions - Monique Bellini

Extrait - Pourquoi as-tu épousé cette idiote ?

6 Août 2014 , Rédigé par MBGC Editions Publié dans #Extraits des livres

Extrait - Pourquoi as-tu épousé cette idiote ?


(Marjorie, sur son fauteuil roulant est en train de se vernir les ongles)

(Johanna entre en scène, les mains sur ses hanches, et en exécutant des pas de danse)

MARJORIE.

Alors, ma douce fleur, vous ne chantez pas votre petite romance ?

JOHANNA. (Elle chante)

Glou, glou, glou, bouteille joli e

Qu’ils sont doux, vos petits glous glous...

Glou, glou, glou, bouteille chéri e

Qu’ils sont doux vos gentils glous glous...

(Johanna se déhanche, danse, et fredonnant (la, la, la, etc etc)

MARJORIE. (Souriante)

Je constate que vous avez changé d’air...

Si cela pouvait être le cas, dans tous les sens du terme...

(Johanna s’arrête. Elle n’a pas compris)

(Elle fait une mine d’attardée)

MARJORIE.

Cela signifie, mettre les voiles, les bouts ! Se barrer, se casser, se carapater !

(Johanna la regarde toujours avec des yeux ronds)

(Marjorie se peint la paume de la main)

(Puis elle pousse un hurlement en regardant sa main)

MARJORIE.

Allez-vous bientôt vous décider à ficher le camp ? !

JOHANNA.

Quand il me plaira de le faire... Je n’ai pas d’ordres à recevoir de vous !

MARJORIE.

Petite impudente ! Intrigante ! Impertinente ! Si vous ne partez point, je saurai bien me débarrasser de vous, comme je l’ai fait pour les autres… Vous êtes au courant, Johanna... Vous savez que je ne reculerai devant aucun acte aussi répréhensible soit-il ! ?

JOHANNA. (Minaude)

Si, je sais ! Mais vous n’avez jamais eu affaire à une Italienne... Sachez, vieille sorcière en traîneau, que je compte parmi mes ancêtres, des empoisonneurs florentins et des bandits calabrais. Je n’ai pas peur de vous et je resterai ici, autant que je le voudrai !

(Johanna fait un geste affirmatif de la main)

MARJORIE.

Vous ne le pouvez pas ! Vous pouvez descendre de qui vous voulez, cela n’a pas la moindre importance... Vous devez divorcer de Douglas...

(Puis, avec une grande douceur)

…Si toutefois, vous avez un très grand attachement, pour la douce et aimable tante, que je suis...

(Elle minaude)

…Nous pouvons vous et moi, trouver un compromis...

Malgré votre bêtise et le manque d’argent...

J’ai pu comprendre que vous ne laissiez point Archie, indifférent.

Archie est mon neveu que j’aime avec tendresse...

(Passionnée)

Vous serez, vous et lui, les enfants de l’ivresse...

Ivresse de la vie... Ivresse de vos jours...

Vous pourrez, pleinement, profiter de l’amour.

(Changement de ton. Elle devient grave. Parle lentement)

Cependant, pour Douglas, c’est vraiment autre chose.

Douglas a ce château. Douglas a des besoins...

(Elle lance)

Il ne peut épouser une crève la faim !

(Elle se lamente. Elle hache ses mots)

Johanna... Mon enfant, il faut enfin comprendre...

Vous séparer de lui est un service à rendre...

A rendre à son domaine...

A sa postérité,

(Avec passion)

Souvent même une reine,

A su se résigner...

(Elle part dans une tirade avec de grands gestes)

Ce n’est pas le couvent, pour vous que je réclame...

Je vous offre un amant, dont vous serez la dame,

Et enfin, sans contrainte, sans efforts, sans soucis

Vous pourrez vous ébattre, dans le creux de son lit...

(Johanna garde la tête en avant. Elle se mord les lèvres)

MARJORIE. (Au public)

A-t-elle, par ma foi, pu saisir quelque chose...

La croûte d’ineptie est d’une telle dose...

(Vers Johanna. Elle parle avec douceur et normalement)

Johanna, mon enfant, vous êtes-vous rendue compte,

Combien Archie est beau ? Combien il a de l’allure ?

Combien il a de l’esprit...

Douglas a un patrimoine, c’est tout ce qui l’avantage...

Rien de plus...

(Elle marque des temps de sa main)

Il est fade, insipide et sans conversation...

Et il a par instant, des défauts de diction...

En avez-vous conscience ?

(Temps d’arrêt)

Il n’est pas musicien... Il n’a pas de vernis

On ne pourra jamais le comparer ainsi,

A un puits de sciences...

JOHANNA.

Ça m’est égal ! Il est stupide, moi aussi !

Nos enfants sitôt nés, iront dans un asile !

MARJORIE.

Mais, jetez là dehors ! Je veux qu’elle s’en aille !

De toute façon, je ferai annuler cette union.

(Elle pousse des hurlements)

(Johanna s’esclaffe)

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